La nouvelle organisation des soins
Le projet de réforme veut favoriser une coordination
effective des soins et une généralisation des démarches de qualité.
Deux mesures importantes y contribuent :
Le dossier médical personnel
Le médecin traitant
Le dossier médical personnel
Le dossier médical personnel sera un dossier unique,
informatisé. Il appartiendra au patient, qui sera le seul détenteur du code
d'accès.
Son développement est une nécessité absolue. C'est la garantie d'un bon
respect des protocoles de soins. Il permettra de suivre le cheminement du malade
dans le système de soins.
Il permettra au médecin de prendre connaissance des éléments diagnostiques et
thérapeutiques reportés par ses confrères en ville et à l'hôpital, ainsi
que des éléments de compte-rendu de sortie en cas de séjour dans un établissement
de santé.
Quelle sera l'utilité du dossier médical
personnel ?
Ce dossier unique appartiendra au patient et permettra, en accord avec celui-ci,
de donner aux professionnels de santé des éléments indispensables au suivi de
son parcours médical.
Le dossier médical personnel aura pour objectif :
d'améliorer la santé des patients et l'efficacité des soins,
de faciliter le partage des informations entre le patient et les
professionnels de santé
dans le respect du secret médical,
et ainsi, de soigner mieux en dépensant mieux.
Quel sera le contenu de ce dossier ?
Chaque bénéficiaire de l'Assurance maladie, âgé de plus de 16 ans, disposera
d'un dossier médical personnel et unique. Le dossier médical personnel,
informatisé, comportera les éléments diagnostiques et thérapeutiques reportés
par les professionnels de santé en ville et à l'hôpital, ainsi que les éléments
du compte-rendu de sortie en cas de séjour dans un établissement de santé.
Les progrès techniques permettront à terme d'intégrer les radiographies dans
de bonnes conditions de rapidité.
La qualité des soins en sera-t-elle
améliorée ?
Ce dossier permettra un parcours de soins optimal pour toute personne dans toute
la France pour n'importe quelle situation et à tout moment.
Grâce à l'information partagée, il facilitera une prise en charge coordonnée
des soins, et permettra, par exemple, de réduire les interactions médicamenteuses
- qui, à cause d'un manque d'information et de transparence, occasionnent
chaque année plus de 128 000 hospitalisations, et provoquent plus de décès
que les accidents de la route.
L'instauration du dossier médical
personnel pourra-t-elle générer des économies ?
En améliorant l'information des différents praticiens qui traitent un même
patient, en permettant une meilleure connaissance et un meilleur suivi de
celui-ci, nous dépenserons mieux, notamment en évitant les redondances - par
exemple en évitant de démultiplier inutilement les examens complémentaires.
Quelles dispositions seront prises
pour héberger ce dossier médical personnel ?
Les données seront centralisées et les dossiers seront hébergés en toute sécurité
auprès d'un tiers, un " hébergeur de données de santé à caractère
personnel ".
Les hébergeurs seront désignés au terme d'un appel d'offres pour leur
fiabilité, notamment pour les garanties apportées en matière de
confidentialité des données.
Ils devront être agréés " hébergeur de données de santé " aux
termes du décret correspondant. L'assuré sera ensuite libre de choisir l'hébergeur
de son choix et pourrait changer d'hébergeur s'il n'était pas satisfait.
Quels seront les rapports entre la
carte Vitale et le dossier médical personnel ?
Le dossier médical personnel ne sera pas stocké sur la puce de la carte
Vitale.
La nouvelle carte Vitale, comportant photo et éléments de biométrie, sera la
clé qui permettra d'autoriser l'accès par le praticien au dossier médical
personnel. Utilisée conjointement avec la carte du professionnel de santé
(carte CPS) ou avec un code personnalisé, elle permettra au médecin traitant,
en présence du patient et avec son accord, d'avoir accès au dossier de ce
dernier.
Que deviendront les dossiers du
praticien ? Qui se chargera du transfert de ces dossiers? Y aura-t-il
compatibilité entre les outils informatiques ?
Le dossier médical personnel ne changera rien à la situation des dossiers
existants.
Le médecin n'aura pas à reconstituer l'historique de son patient, sauf pour
des cas très particuliers, définis individuellement, et pour les antécédents
médicaux l'exigeant.
Pour les professionnels de santé disposant déjà de dossiers informatisés sur
leurs patients, le gouvernement travaille aujourd'hui avec leurs représentants
pour que les logiciels du dossier médical personnel soient compatibles avec les
logiciels existants.
Ainsi, la transmission des données utiles se fera automatiquement et les problèmes
de double saisie seront évités.
Qui aura accès aux données ?
Le patient sera le seul à avoir un accès automatique à son dossier, et déterminera
qui, en dehors de lui-même, pourra y accéder : a priori son médecin traitant
et les autres praticiens de son choix.
Auront accès au dossier, en accord avec le patient et dès la mise en œuvre du
dossier médical personnel :
tous les médecins, y compris les médecins hospitaliers,
les services d'urgence.
Auront un accès limité à certaines données dans un second temps:
les autres professionnels de santé (infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes,
etc.), sauf cas exceptionnels - par exemple les infirmiers pour certaines
pathologies,
l'Assurance maladie qui, dans le cadre de sa mission de contrôle médical
et dans le respect de la réglementation en vigueur, pourra obtenir des copies
de pièces du dossier avec l'accord du médecin traitant et du patient.
N'auront pas accès au dossier :
les médecins des assurances privées,
les mutuelles,
la police.
Comment la confidentialité de ces
données sera-t-elle garantie ?
S'agissant de l'accès au dossier médical personnel par les médecins, celui-ci
sera sécurisé par l'utilisation conjointe de la carte CPS du médecin et de la
carte Vitale du patient. De façon concrète, chaque médecin, équipé d'un accès
Internet, pourra consulter et mettre à jour le dossier du patient qui lui aura
présenté sa carte Vitale.
L'accès à son dossier médical par le patient et, plus généralement tout accès
hors carte CPS, sera totalement sécurisé, à la fois pour la transmission et
pour l'authentification du patient. Des solutions techniques existent :
rappelons qu'en 2004, plus d'un million de personnes ont fait leur déclaration
d'impôts sur Internet avec une procédure à la fois simple et sécurisée.
Toutes les visites seront-elles
consignées dans le dossier médical personnel ? Toutes les données médicales
seront-elles transmises ?
Toute consultation d'un professionnel de santé sera consignée dans le dossier
du patient, ainsi que toutes les données médicales utiles pour appréhender le
parcours de soins du patient.
Le patient pourra-t-il refuser à son
praticien l'accès à son dossier médical personnel ?
Le patient sera libre de refuser de donner sa carte Vitale au médecin, lui
interdisant ainsi l'accès à son dossier.
Néanmoins, le niveau de prise en charge des actes et prestations de soins par
l'Assurance maladie sera conditionné à l'accès du professionnel de santé au
dossier médical personnel.
Les bénéfices du dossier médical
personnel ont-ils été démontrés ?
Certains pays comme le Danemark l'ont déjà adopté, et des expériences
pilotes en France ont démontré l'intérêt d'un tel dossier.
L'ensemble des partenaires gagneront à la mise en place d'un dossier médical :
le médecin pour un meilleur suivi de son patient grâce à l'information en
temps réel sur les examens réalisés ; le patient pour une garantie de qualité
de soins et un accès unifié à l'information le concernant, qui permettra
notamment d'éviter les incompatibilités ; l'Assurance maladie par la
limitation des soins redondants.
Quel sera le calendrier de déploiement
du dossier médical personnel ?
Un appel d'offres sera lancé afin de tester dans les meilleurs délais le
dossier médical personnel en grandeur réelle, sur la base d'un dossier médical
simple, et s'appuyant sur des réalisations existantes.
Ce dossier médical sera en vigueur dès le premier semestre 2005 dans les zones
pilotes, et en priorité en déploiement sur les personnes en affection de
longue durée.
Le dossier médical personnel sera enfin étendu progressivement à l'ensemble
de la population, en vue d'une généralisation à la France entière à
mi-2007.
Lors de la mise en place, un système d'aide téléphonique sera proposé aux
professionnels de santé. Des réunions d'information seront organisées et un
dispositif d'accompagnement sera mis en place.
Le médecin
traitant
Le médecin traitant, choisi librement par le patient, aura un
rôle central dans l'orientation et le suivi du patient tout au long de son
parcours de soins.
Généraliste ou spécialiste, le médecin traitant coordonnera le dossier médical
personnel, et adressera le patient, avec son accord, vers le professionnel de
santé le plus apte à traiter sa situation spécifique.
Le patient pourra librement changer de médecin traitant s'il le souhaite.
Pourquoi un médecin traitant ?
Le médecin traitant sera celui qui connaîtra le mieux le patient, celui qui
appréhendera globalement l'individu dans toutes ses dimensions. Cette relation
de confiance permettra au médecin traitant d'orienter le patient au mieux de
ses besoins.
Le médecin traitant respectera-t-il
le principe de la liberté de choix ?
Bien sûr. Le patient demeurera libre non seulement de choisir ou non un médecin
traitant, mais aussi d'accéder à un médecin spécialiste en dehors de
l'orientation par son médecin traitant.
Quel sera son rôle ?
Chaque patient choisira un médecin traitant à même de l'orienter dans son
parcours de soins, qui coordonnera le dossier médical personnel.
Le médecin traitant pourra adresser son patient, selon ses besoins et son
historique, au professionnel de santé le plus apte à traiter sa situation spécifique.
Qui pourra être le médecin traitant
?
Le médecin traitant pourra être n'importe quel médecin qui l'acceptera, généraliste
ou spécialiste. Ce sera le médecin que le patient verra le plus souvent et qui
le connaîtra le mieux.
Quelle sera la procédure de choix du
médecin traitant ?
Le patient choisira lui-même son médecin traitant, en accord avec celui-ci, et
en informera sa caisse d'Assurance maladie.
Pourra-t-on imposer un médecin
traitant ?
Non, la réforme garantira le libre choix du patient et le libre accès aux
soins.
Un patient pourra-t-il changer de médecin
traitant ?
Le patient pourra modifier son choix à tout moment et librement en informant
personnellement et par écrit son médecin et sa caisse primaire d'Assurance
maladie.
Un patient pourra-il avoir plusieurs médecins
traitants ?
Dans le cas de patients nécessitant l'intervention de plusieurs médecins, des
accords permettant d'associer plusieurs professions pour la mise en œuvre d'un
protocole de soins seront possibles. Ces accords faciliteront la prise en charge
interprofessionnelle des patients.
Toute consultation devra-t-elle être
précédée d'une visite chez le médecin traitant ? Y compris à l'hôpital ?
Non, les pédiatres et les gynécologues pourront être consultés directement
sans que le patient ait été préalablement orienté par son médecin traitant.
Plus généralement, le sujet sera traité par la convention entre l'UNCAM et
les professionnels de santé. En outre, les consultations de contrôle, de prévention
ou prévues dans un protocole ne nécessiteront pas d'orientation préalable.
Pour toute autre consultation, le patient devra préalablement avoir été
orienté - y compris pour les consultations dans les établissements
hospitaliers.
Un patient pourra-t-il décider de ne
pas recourir à un médecin traitant ou de ne pas suivre ses prescriptions
d'orientation ?
Chacun conservera sa liberté de ne pas avoir recours au médecin traitant ou de
ne pas respecter ses prescriptions d'orientation. Néanmoins, les patients qui
ne souhaiteront pas s'inscrire dans ce dispositif se verront appliquer une
majoration de la part restant à leur charge.
En outre, pour inciter à une prise en charge coordonnée des soins, la
convention nationale pourra éventuellement permettre aux médecins de certaines
spécialités, si les parties conventionnelles le souhaitent, de pouvoir
pratiquer des dépassements, dans certaines limites fixées par la convention
lorsqu'ils recevront un patient qui ne leur aura pas été préalablement adressé
par un médecin traitant.
Le médecin traitant sera-t-il libre
d'orienter le patient vers le professionnel de santé de son choix ?
Le médecin traitant orientera librement le patient vers le professionnel de
santé de son choix.
Le choix se fera de concert avec le patient.
Que se passera-t-il si le patient
n'est pas d'accord sur l'identité du professionnel de santé que lui proposera
son médecin traitant ?
La décision se fera conjointement au terme du dialogue indispensable entre le
patient et son médecin.
Cela occasionnera-t-il plus de travail
pour les médecins ?
Non. Le dispositif ne fera que formaliser ce que le médecin fait
quotidiennement dans le cadre de son activité.
Quel sera le calendrier de mise en
place du médecin traitant ?
La mise en œuvre du dispositif du médecin traitant sera progressive à partir
de 2005.