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Dépendance entre aide à domicile et établissement - (22/11/2007)
  

dossiers

solidarité et santé

n° 1 . janvier - mars 2003

Les personnes âgées

entre aide à domicile et établissement

sommaire

Les personnes âgées

entre aide à domicile et établissement

dossiers solidarité et santé n° 1 . janvier - mars 2003

Introduction

DOSSIER

Présentation des enquêtes EHPA et SAPAD

Laurent Caillot et Annie Mesrine

Les bénéficiaires des services d.aide à domicile :

des publics divers

Sophie Bressé et Nathalie Dutheil

Les circuits de recours aux structures d.aide à domicile des personnes âgées

Sophie Bressé

Participation et choix des résidents dans le processus d.entrée en institution

Dominique Somme

Éléments d.approche de la médicalisation

des établissements d.accueil pour personnes âgées

Olivier Saint-Jean et Dominique Somme

Autonomie sociale et citoyenneté dans la vie quotidienne

des personnes âgées vivant en institution

Hélène Thomas et Olivier Saint-Jean

L.animation dans les établissements d.hébergement de personnes âgées

Martine Eenschooten

L.appréhension de la personne âgée dans les enquêtes statistiques

Laurent Caillot

ANNEXE : Extraits des questionnaires des enquêtes EHPA et SAPAD

introduction

SOLIDARITÉ et SANTÉ

N° 1 . 2003

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Dans un contexte marqué par le développement des politiques de prise en charge de la dépendance

des personnes âgées – allocation personnalisée à l’autonomie remplaçant la prestation spécifique dépendance,

loi sur les institutions sociales et médico-sociales, promotion du secteur de l’aide à domicile

– ce numéro des Dossiers Solidarité et Santé rassemble des études réalisées à partir des deux enquêtes

lancées en 2000 par la DREES auprès des personnes âgées, maintenues à domicile ou résidant en institution.

Les résultats issus des exploitations des enquêtes auprès des bénéficiaires de services d’aide à la

personne à domicile (SAPAD) et en établissement d’hébergement pour personnes âgées (EHPA) renouvellent

les approches et les connaissances par rapport aux analyses antérieures.

Les contributions, qui ont été présentées lors d’un colloque tenu le 4 avril 2002 à l’hôpital européen

Georges Pompidou, s’articulent autour de la problématique de la prise en charge des personnes

âgées entre domicile et établissement. Elles éclairent un ensemble d’aspects sociaux jusqu’ici méconnus

: le recours aux services d’aide à domicile et l’accès aux établissements d’hébergement, les activités

et la sociabilité des résidents en institution, la place de la personne âgée dans sa propre prise en

charge et dans les protocoles d’enquête.

Précédé d’une présentation des enquêtes EHPA et SAPAD, le dossier est organisé en deux parties,

et suivi d’une contribution méthodologique sur la personne âgée dans les enquêtes statistiques.

• Partant de l’aide à domicile dispensée par des services agréés, la première partie en dégage les

caractéristiques des bénéficiaires puis en étudie les circuits de recours. Vient ensuite l’étude de la

transition entre domicile et établissement à travers l’analyse des filières d’admission en institution

d’hébergement.

• La seconde partie, centrée sur la vie en institution, s’intéresse à la médicalisation des établissements

d’hébergement, et surtout à la dimension sociale de la vie des personnes âgées. À ce titre, deux

articles fournissent des éclairages croisés sur la participation sociale et la citoyenneté de leurs résidents

et sur l’animation des établissements.

Laurent Caillot et Annie Mesrine ouvrent le dossier par la présentation des enquêtes EHPA et

SAPAD. Décrivant tout d’abord le champ des enquêtes en termes de structures, de prestations et

d’intervenants, l’article explicite le recentrage du questionnement sur la personne âgée elle-même

par rapport aux versions antérieures. Il présente ensuite le mode d’échantillonnage qui passe, dans les

deux cas, par l’intermédiaire d’une structure (établissement ou service d’aide), avant de montrer en

quoi ces enquêtes illustrent une approche avant tout sociale de la vie des personnes âgées.

Dans la première partie du dossier, deux contributions relatives aux publics bénéficiaires des services

d’aide à domicile et aux circuits de recours mettent l’accent non seulement sur l’influence du

niveau de dépendance physique, mais aussi sur celle de la catégorie socioprofessionnelle, tant en ce

qui concerne l’utilisation qualitative et quantitative des services d’aide que leurs modalités d’accès.

La catégorie socioprofessionnelle exerce d’ailleurs également une influence significative sur le processus

d’entrée des personnes âgées en établissement, qui fait l’objet du troisième article de cette

première partie.

La contribution de Sophie Bressé et Nathalie Dutheil étudie les profils des bénéficiaires des services

d’aide à domicile selon plusieurs critères. L’analyse des besoins de prise en charge – estimés

d’après le niveau de dépendance physique – des types d’activités et des volumes d’aide des services

d’aide ainsi que de l’origine sociale de la personne de référence du ménage conduisent à différencier

les bénéficiaires en deux principaux groupes. D’un côté, 30% des bénéficiaires, qui sont des personnes

lourdement dépendantes, reçoivent une aide à domicile d’une durée importante qui consiste à la

SOLIDARITÉ et SANTÉ

N° 1 . 2003

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INTRODUCTION

Les personnes âgées entre aide à domicile et établissement

fois en aide ménagère et en aide à la personne pour accomplir certains gestes de la vie quotidienne. De

l’autre, près des deux tiers des bénéficiaires reçoivent quasi exclusivement une aide ménagère d’une durée

réduite. Pour ces personnes sans dépendance physique, plus souvent issues des catégories socioprofessionnelles

supérieures, l’intervention à domicile s’apparente à de la prévention. Toutefois, à niveau de

dépendance équivalent, la durée d’intervention au profit des anciens cadres et professions intermédiaires

représente plus du double de celle dont bénéficient les personnes âgées de milieu ouvrier.

Cette répartition en deux publics nettement distincts est corroborée par l’article de Sophie Bressé qui

explore plus précisément les circuits de recours aux SAPAD, en cherchant à identifier qui est à l’origine

de la décision du recours au service d’aide, et qui accomplit les démarches. Les caractéristiques respectives

des personnes âgées – interrogées alors qu’elles sont déjà bénéficiaires d’un service d’aide – selon

qu’elles sont ou ne sont pas à l’origine de la décision, mettent en évidence la coexistence de deux populations.

Le premier groupe rassemble des personnes plus jeunes, très largement dépourvues de dépendance

physique, de niveau social élevé, vivant plus souvent en couple, et pour lesquels le service d’aide effectue

surtout des tâches ménagères. Dans trois cas sur quatre, la personne âgée avait alors entrepris elle-même

la démarche auprès du service d’aide. Le second groupe, plus nombreux (58%), est composé quant à lui de

personnes plus âgées et très souvent isolées. C’est avant tout l’entourage – et secondairement les professionnels

de santé – qui intervient dans la procédure de recours, et ce d’autant plus que la personne présente

une dépendance physique forte.

Dans son article, Dominique Somme se penche sur les filières d’admission des personnes âgées hébergées

en établissement et la participation que ces résidents ont eu à la décision d’entrée. Deux éléments

sont plus particulièrement analysés : l’acteur de la demande d’entrée dans l’établissement – professionnels

sociaux ou de santé, famille, personne âgée elle-même – et la raison de cette démarche (décision

personnelle, état de santé…). L’intérêt d’une bonne coordination gériatrique est souligné par le fait qu’une

large majorité des personnes âgées entrées en établissement proviennent d’un domicile ordinaire. La participation

de la personne âgée est plus élevée chez les anciens cadres, les résidents stables, les personnes

sans famille proche et celles qui connaissent leur revenu, tandis que le rôle de la famille s’affirme avec

l’âge et la dépendance. L’état de santé constitue bien le principal motif de la démarche, suivi par les

raisons socio-familiales et la décision de la personne. Les résidents ressentent d’autant mieux leur vie en

institution qu’ils ont participé à la décision d’entrée dans cet établissement, ce qui confirme l’importance

d’une participation étroite des personnes âgées à la démarche d’institutionnalisation, notamment entre 80

et 90 ans.

La seconde partie du dossier est consacrée à la prise en charge en établissement. Cette partie associe

une première contribution à teneur médicale, à deux autres articles qui abordent la dimension sociale de la

vie des résidents.

En ce qui concerne la médicalisation des établissements d’accueil pour personnes âgées, Olivier Saint-

Jean et Dominique Somme s’attachent à rapprocher leurs caractéristiques des nouveaux objectifs législatifs

et réglementaires sanitaires. Leur article analyse le degré de médicalisation des établissements en

termes de taux d’encadrement médical et paramédical puis de qualité des prestations, à l’aide notamment

d’un indice composé de variables de procédure médicale (permanence des soins, protocoles de soins,

tenue d’un dossier médical) et en intégrant la présence ou non de locaux pour déments. Au-delà de l’écart

persistant entre la médicalisation des unités de soins de longue durée et les maisons de retraite, il en

ressort une inégalité importante parmi ces dernières au regard de ce critère. Au sein des maisons de retraite,

la présence d’un médecin coordonnateur semble améliorer sensiblement le degré de médicalisation

de l’établissement.

Pour sa part, l’article d’Hélène Thomas et d’Olivier Saint-Jean, consacré à la citoyenneté et à l’autonomie

sociale des personnes âgées vivant en institution, examine à partir de seize questions de l’enquête

EHPA, l’impact de facteurs personnels et institutionnels sur deux dimensions différentes. La première est

le maintien de l’autonomie sociale à travers la préservation de marges de choix dans la vie quotidienne, la

gestion de ses propres affaires et le respect de l’intimité de la personne. La seconde dimension étudiée est

celle de la citoyenneté concrète, approchée par la connaissance par la personne de ses droits de résident,

et l’ouverture sur le monde extérieur. L’appartenance à une catégorie socioprofessionnelle élevée et, dans

une moindre mesure le fait d’avoir travaillé, se révèle la caractéristique la plus déterminante la préservation

des marges de choix et d’autonomie.

SOLIDARITÉ et SANTÉ

N° 1 . 2003

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INTRODUCTION

Les personnes âgées entre aide à domicile et établissement

Martine Eenschooten se concentre, quant à elle, sur l’étude des animations collectives et individuelles

proposées aux résidents des établissements d’hébergement ainsi que sur leurs relations sociales.

Elle compare les animations collectives telles qu’elles sont proposées par les établissements,

connues par les résidents et pratiquées par ces derniers. L’offre d’animations collectives apparaît

d’autant plus riche que s’élève la taille de l’établissement, mais leur connaissance par les personnes

âgées s’avère inégale. La participation régulière ou occasionnelle des résidents, de même que les

relations sociales entre eux, déclinent fortement selon la sévérité de la dépendance, ce qui explique

leur faiblesse dans les unités de soins de longue durée. Enfin, une forte corrélation se fait jour entre

l’intensité de la participation aux animations collectives et le degré de satisfaction de la personne

âgée quant à sa vie dans l’établissement.

Le dossier se termine par une contribution méthodologique de Laurent Caillot au sujet de l’appréhension

de la personne âgée dans les enquêtes statistiques. Centré sur les protocoles d’enquête

dans EHPA, SAPAD et HID (Handicaps-incapacités dépendance), l’article compare le recueil des

déclarations selon les circonstances de l’entretien, auprès de la personne âgée (seule ou accompagnée),

ou par l’intermédiaire d’un tiers, notamment le gestionnaire de l’établissement. La répartition

des personnes âgées en établissement entre niveaux de dépendance est très sensible au protocole

d’enquête, entre EHPA, où l’accent a été mis sur le recueil direct de la parole de la personne,

et HID où l’aptitude à répondre à l’enquête n’était pas un critère de sélection de l’échantillon.

Enfin, l’étude analyse les différences de perception entre résidents et gestionnaires dans EHPA

sur l’autonomie pour la toilette et l’habillage. Un décalage considérable de représentation apparaît

entre les gestionnaires – dont la perception semble induite du GIR de la personne âgée – et les

résidents, plus nuancés.

Laurent CAILLOT, Gilbert ROTBART

PRÉSENTATION DES ENQUÊTES EHPA ET SAPAD

SOLIDARITÉ et SANTÉ

N° 1 . 2003

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Laurent CAILLOT, Annie MESRINE

Ministère des Affaires sociales, du travail et de la solidarité

Ministère de la Santé, de la famille et des personnes handicapées

DREES

La Drees a mené en 1999 et 2000 deux enquêtes

auprès des établissements et services en direction des

personnes âgées, enquêtes dont une des spécificités

était d'interroger directement les résidents et bénéficiaires

sur leurs besoins, leurs conditions de vie et la

satisfaction qu'ils retiraient des prestations qui leur

étaient fournies. Cette interrogation a été conduite par

des enquêteurs de l'INSEE, qui avaient déjà été confrontés

aux difficultés inhérentes à l'interrogation de

personnes parfois lourdement dépendantes.

La première enquête s'adressait aux services d'aide

aux personnes à domicile (SAPAD Structures, de septembre

à décembre 1999), puis à leurs bénéficiaires

(SAPAD Bénéficiaires en mai 2000). La seconde s'est

effectuée auprès des établissements hébergeant des

personnes âgées et de leurs résidents (EHPA Gestionnaires

et Résidents en juin 2000).

Elles ont pour objectifs communs d'observer les

modes de prise en charge institutionnelle que la société

propose en réponse aux problèmes liés à l'âge,

et d'évaluer l'adéquation de la prise en charge aux

besoins exprimés par les usagers.

LE CHAMP DES ENQUÊTES :

STRUCTURES, PRESTATIONS,

INTERVENANTS, BÉNÉFICIAIRES

De même que l'enquête Handicaps-Incapacités-Dépendance

(HID) réalisée de 1998 à 2001 par l'INSEE1,

les opérations statistiques EHPA et SAPAD s'inscrivent

dans un contexte marqué par l'augmentation de

l'espérance de vie, la prévalence croissante de la dépendance

aux âges élevés et les débats sur l'alternative

entre le placement en institution et le maintien à domicile,

le plus souvent au moyen d'une aide professionnelle.

Les pouvoirs publics ont eu pour préoccupation

de faciliter la prise en charge des personnes âgées et

d'aménager les conditions de celle-ci (Encadré 1).

1 - Cf. Laurent Caillot, «L’appréhension de la personne âgée

dans les enquêtes statistiques», encadré 4, dans ce même numéro.

Les enquêtes SAPAD et EHPA

ont pour objectifs l.observation

des différents modes

de prise en charge professionnelles

des personnes âgées,

en établissement ou à domicile

ainsi que l.évaluation de leurs besoins.

La nouveauté de ces enquêtes

réalisées en 2000,

est qu.elles s.adressent

à la personne âgée elle-même

et plus seulement

aux responsables ou personnels

qui les accompagnent ;

les usagers sont désormais

interrogés directement

par des enquêteurs.

SOLIDARITÉ et SANTÉ

N° 1 . 2003

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PRÉSENTATION DES ENQUÊTES EHPA ET SAPAD

A travers ces trois enquêtes, on dispose désormais

d'un dispositif statistique qui, par la complémentarité

des objectifs et protocoles d'enquête, couvre bien le

champ des personnes âgées. La prise en charge des

personnes âgées est envisagée dans la pluralité de lieux

d'existence (domicile et établissement) et par l'intermédiaire

des aides, professionnelles ou bénévoles, dont

elles bénéficient.

les modes de prise en charge professionnelle des

personnes âgées

Les enquêtes EHPA et SAPAD apparaissent complémentaires

dans les lacunes statistiques qu'elles

comblent :

• D'une part, elles couvrent de manière plus complète

le champ de la prise en charge professionnelle

des personnes âgées, qu'elles se trouvent en établissement

(à travers EHPA) ou à domicile, dans la mesure

où elles ont recours à une aide professionnelle (à travers

SAPAD). Elles fournissent un éclairage sur les

prestations et sur les personnels des services d'aide à

domicile et des établissements d'hébergement,

• D'autre part, elles ont pour ambition de satisfaire

le besoin de connaissance, par des données récentes

et fiables, sur la situation socio-familiale, les attentes

et la satisfaction des personnes âgées, afin d'améliorer

la qualité des services qui leur sont rendus dans

les secteurs social et médico-social.

ENCADRÉ 1 .

LE CONTEXTE RÉGLEMENTAIRE

dispositifs facilitant l'accès à l'aide à domicile

Différents dispositifs fiscaux ont facilité l'accès à l'aide à domicile.

La loi rectificative du 30 décembre 1991 sur les emplois familiaux fait bénéficier les ménages employeurs d'une réduction d'impôts de

50 % de la dépense totale annuelle, jusqu'à un certain plafond de dépenses.

Parallèlement, les personnes âgées de 70 ans ou plus ou les personnes dépendantes de moins de 70 ans, peuvent bénéficier depuis la loi

du 27 janvier 1987 d'une exonération totale des charges patronales de sécurité sociale, dès lors qu'elles rémunèrent une aide à domicile.

Ces dispositions s'appliquent aux ménages qui emploient un intervenant à domicile dans le cadre d'un service mandataire, cadre où

l'usager est l'employeur du salarié.

Depuis 1999, cette exonération a été étendue aux rémunérations des aides à domicile employées sous CDI par les organismes agréés, ce

qui réduit le coût de la prestation pour les personnes s'adressant à un service prestataire. La loi du 20 juillet 2001, article 18, étend

cette exonération aux rémunérations des aides à domicile employées sous contrat pour remplacer les salariés absents ou dont le contrat

de travail est suspendu dans les conditions visées à l'article L.122-1-1 du code du travail.

prise en charge de la dépendance

La prestation spécifique dépendance (PSD), instituée par la loi du 24 janvier 1997 au bénéfice des personnes âgées les plus dépendantes,

prenait en charge une partie des aides nécessaires au maintien de la personne à domicile ainsi qu'une partie des frais en institution.

Elle est remplacée depuis le 1er janvier 2002 par l'allocation personnalisée à l'autonomie (APA, loi du 20 juillet 2001), prestation

universelle, ouverte à l'ensemble des personnes âgées connaissant une perte d'autonomie (GIR 1à 4), qu'elles vivent à domicile ou en

établissement. Cette prestation est encadrée à domicile par des barèmes nationaux garantissant une égalité de traitement sur tout le

territoire.

textes aménageant la vie des personnes en institution

Dès les années 80, obligation a été faite aux établissements sociaux et médico-sociaux d'associer les usagers et leur famille au fonctionnement

de l'établissement, par la création, notamment d'un conseil d'établissement (décret du 17 octobre 1985).

Pour les établissements hébergeant des personnes âgées, ces dispositions ont été complétées en 1997, dans le cadre de la loi instituant

la PSD, par la mention d'un règlement intérieur garantissant les droits des résidents et le respect de leur intimité, et d'un contrat de

séjour à établir entre l'établissement et le résident.

Les décrets n° 99-316 et 99-317 du 26 avril 1999, modifiés par le décret 2001-388 du 4 mai 2001 relatif à la tarification des

établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes, précisent les modalités d'entrée dans la réforme posée par la loi de 1997,

et plus particulièrement les obligations liées à la signature d'une convention avec le président du conseil général et l'autorité compé-

tente pour l'assurance maladie. Cette convention précise les objectifs d'amélioration de la qualité de la prise en charge des personnes

accueillies et les moyens de les mettre en .uvre dans le cadre des recommandations fixées dans le cahier des charges annexé à l'arrêté

du 26 avril 1999. Elle peut déclencher des financements supplémentaires de l'assurance maladie pour les soins apportés aux résidents.

Enfin, la loi du 2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale a réaffirmé les droits des usagers et de leur entourage en

étendant son application à l'ensemble des établissements et services sociaux ou médico-sociaux : elle instaure, en particulier, un livret

d'accueil, une charte des droits et libertés de la personne accueillie, l'obligation d'un contrat de séjour ou d'un document individuel de

prise en charge, la création d'un règlement de fonctionnement, la mise en place d'un projet d'établissement ou de service, l'obligation

d'instituer dans chaque établissement ou service soit un conseil de la vie sociale, soit d'autres formes de participation des usagers.

SOLIDARITÉ et SANTÉ

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PRÉSENTATION DES ENQUÊTES EHPA ET SAPAD

de l'aide professionnelle à domicile.

Le champ de l'enquête SAPAD est constitué par

les services d'aide aux personnes à domicile agréés

qui dispensent une aide professionnelle aux activités

de la vie quotidienne, tâches ménagères (ménage, lessive,

préparation des repas, repassages…), courses,

tâches administratives, assistance aux personnes (habillage,

toilette, transferts…). L'enquête permanente

sur les conditions de vie des ménages (EPCV) de mai

1999 incluait déjà un volet sur les services de proximité

dans leur ensemble (à domicile ou hors domicile)

et le service statistique du ministère des Affaires

sociales avait également réalisé en 1996 une enquête

sur les services de soins à domicile. D'après l'enquête

EPCV de 1999, seulement une minorité (18 %) de ménages

bénéficient d'aides payantes ou bénévoles (en

d'autres termes, professionnelles ou non) réalisées au

domicile ou à l'extérieur du domicile.

L'accent a donc porté, dans l'enquête SAPAD, sur

les interventions à domicile des professionnels du secteur

social des structures d'aide à domicile. Du fait de

ce ciblage, les services de soins infirmiers à domicile

ou d'hospitalisation à domicile ne font pas partie du

champ de l'enquête. Ont également été écartés les organismes

dont la seule prestation d'aide à domicile se

limite au portage de repas ou à la téléalarme, afin de

centrer l'enquête sur les services dédiés spécifiquement

à l'aide à domicile. Par ailleurs, dans SAPAD,

l'attention s'est focalisée sur les services ayant reçu un

agrément 2, ce qui excluait notamment les aides fournies

de gré à gré.

Les personnes âgées constituent, avec les personnes

handicapées et les familles, un des trois types de clientèle

des services professionnels d'aide à domicile. Chacune

de ces catégories de bénéficiaires fait l'objet d'un

questionnaire spécialisé qui comporte quelques modules

différenciés à côté d'une majorité de modules communs.

Pour les personnes âgées, l'entretien s'articule

autour des thèmes majeurs que sont la nature et le contenu

de l'aide fournie par le service, les autres aides

dont bénéficie la personne âgée, les incapacités de cette

personne et les caractéristiques de son logement.

Au cours de l'année 1998, 6 500 structures géraient

au total 7 100 services d'aide à domicile dotés d'un

agrément 3. Ces services sont intervenus auprès d'une

clientèle de 1 400 000 personnes, laquelle est composée

à 18 % de personnes handicapées, à 3 % de familles,

les personnes âgées en constituant ainsi de loin

la majorité : 1 100 000 personnes ont 60 ans ou plus.

Les services sont de taille très hétérogène. La moitié

d'entre eux sont intervenus, au cours de l'année

1998, auprès de moins de 80 particuliers. Parmi ces

services, 10 %, en majorité des centres communaux

d'action sociale (CCAS), ont prodigué une aide à moins

de 9 bénéficiaires. A l'opposé, 10 % des services, essentiellement

des associations loi de 1901, sont intervenus

auprès de 500 personnes ou plus.

Environ 220 000 intervenants à domicile étaient en

fonction en septembre 1999. Aucun personnel médical

ou paramédical n'est employé par les services, ce

qui traduit leur vocation sociale : leur personnel est

constitué à 97 % d'aides à domicile (aides ménagères,

auxiliaires de vie).

2 - Agrément simple ou agrément qualité pour les structures prestataires (agrément qualité pour les entreprises privées, agrément

simple ou qualité pour les associations et CCAS) et agrément qualité pour les structures mandataires (associations et CCAS). L’agrément

qualité, délivré par la DRTEFP, est nécessaire aux services qui s’adressent à des personnes âgées de 70 ans et plus.

3 - Les services fonctionnent sur le mode mandataire (la structure embauche le salarié à la place de la personne), sur le mode

prestataire (prestation réalisée par un intervenant employé par la structure) ou sur les deux modes à la fois.

TABLEAU 1

comparaison des champs des enquêtes SAPAD et EHPA

Enquête

Services agréés d'aide aux personnes

à domicile (SAPAD)

Etablissements hébergeant

des personnes âgées (EHPA)

Nombre 7 100 10 400

Nature des prestations

Aide aux activités de la vie quotidienne :

. Tâches ménagères (ménage, lessive,

préparation des repas, repassages.)

. Courses

. Tâches administratives

Assistance aux personnes :

. Habillage, toilette, transferts.

Selon la catégorie d'établissement

. Hébergement

. Restauration collective

. Animations collectives

. Soins et services à la personne

Fonction du personnel

Principalement des aides à domicile (aides

ménagères, auxiliaires de vie)

Pas de personnel médical ou paramédical

Personnel médical et paramédical

Personnel éducatif ou social

Aides médico-psychologiques

Bénéficiaires ou résidents permanents 1 100 000 bénéficiaires de 60 ans ou plus 660 000 résidents de 60 ans ou plus

SOLIDARITÉ et SANTÉ

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PRÉSENTATION DES ENQUÊTES EHPA ET SAPAD

.à l'accueil en établissement d'hébergement

L'enquête EHPA est originale dans sa démarche,

s’adressant directement aux personnes âgées résidant

en maisons de retraite, unités de soins de longue durée

et logements-foyers. Elles peut ainsi obtenir une

image des perceptions et des souhaits de ces personnes

elle-mêmes.

Les prestations dispensées par ces établissements

sont très diverses. Par définition, ils offrent tous l'hébergement

à leurs résidents, soit comme pensionnaires

dans le cas des maisons de retraite et des unités de

soins de longue durée soit comme locataires dans le

cas des logements-foyers. Par contre, la restauration

collective, si elle est proposée aux pensionnaires, peut

ne pas l'être aux locataires. Parmi l'offre de prestations

peuvent également figurer les animations collectives,

les soins et les services à la personne.

L'enquête s'attache à la description de l'activité de

l'établissement, notamment de l'hébergement proposé,

de l'animation et du projet institutionnel, et à la connaissance

du personnel et de la clientèle, ainsi qu'au

mode de vie, au niveau de satisfaction et à la situation

sociale des usagers.

Environ 10 400 établissements hébergeant des personnes

âgées font partie en 2000 du champ de l'enquête.

Six établissements sur dix sont des maisons de

retraite, trois sur dix des logements-foyers, un sur dix

est une unité de soins de longue durée (USLD). Toutes

catégories confondues, ils hébergent, au moment

de l'enquête, une population de 660 000 résidents.

Des personnels médicaux et paramédicaux interviennent

dans les établissements, en plus des personnels

sociaux, médico-sociaux ou éducatifs.

UN QUESTIONNEMENT RÉNOVÉ EN PROFONDEUR

PAR RAPPORT AUX ENQUÊTES PRÉCÉDENTES

les enquêtes jusqu'alors surtout institutionnelles.

Jusqu'en 1998, le service statistique du ministère

des Affaires sociales réalisait des enquêtes auprès

des services et établissements sociaux et médico-sociaux,

dont certaines étaient régulières. Citons l'enquête

auprès des services de travailleuses familiales

en 1993, l'exploitation des rapports d'activité des

services de soins infirmiers à domicile en 1996, ainsi

que les enquêtes auprès des établissements hébergeant

des personnes âgées, bisannuelles depuis 1985.

Ces opérations, réalisées par voie postale, consistaient

le plus souvent en un recensement exhaustif

des structures concernées. Interrogeant ces dernières

sur leur activité et sur leur personnel, elles questionnaient

également les gestionnaires ou l'équipe de

direction sur tout ou partie de leur clientèle. Les informations

sur les usagers étaient donc collectées

auprès des structures, et non auprès des usagers.

.et qui sont désormais centrées

sur la personne âgée

La nouveauté des enquêtes SAPAD et EHPA de

2000 par rapport aux opérations similaires conduites

dans le passé est de trancher avec les pratiques

antérieures et précisément de s'intéresser à la personne

âgée elle-même, au-delà des responsables et

personnels qui les accompagnent. Les usagers sont

désormais directement interrogés par des enquêteurs,

suivant en cela les modes d'interrogation classiques

des enquêtes auprès des ménages telles que

les pratique l'INSEE.

Dans l'enquête EHPA, menée en face-à-face sur le

lieu de résidence des personnes, auprès d'un échantillon

représentatif d'établissements et de résidents

permanents dans ces structures, le volet adressé aux

directions d’établissements a été davantage tourné vers

la connaissance des modes de prise en charge des bénéficiaires

et de quelques grandes caractéristiques des

personnes âgées. Le volet Résident qui lui a été adjoint

présente un questionnaire de forme habituelle

dans les enquêtes auprès des ménages.

Seule l'enquête SAPAD-Structures de 1999 a conservé

le mode d'interrogation traditionnel par voie

postale auprès de toutes les structures : donnant une

vue exhaustive d'un secteur encore mal connu, elle

préparait l'enquête SAPAD-Bénéficiaires de 2000,

seconde phase de l'enquête.

La complémentarité du recueil direct de données

auprès de la personne âgée et de la collecte d'informations

auprès de l'établissement d'hébergement ou

du service d'aide à domicile est une caractéristique

commune à EHPA et SAPAD. Ces deux opérations

combinent en effet :

• Un questionnement des gestionnaires de structures

d'accueil (établissements d'hébergement) ou de

prise en charge (services d'aide à domicile) sur les

moyens en personnel qu'elles mobilisent ainsi que sur

les prestations qu'elles offrent (aides dans le cas des

services d'aide à la personne ; hébergement, éventuellement

restauration et animations collectives, soins,

dans le cas des établissements pour personnes âgées),

• Une interview individuelle de personnes ayant recours

à ces prestations (ou d'une personne proche susceptible

de répondre à sa place s'il n'a pas été possible de

mener l'entretien avec l'individu désigné), au sujet de leurs

caractéristiques socio-démographiques, de leurs conditions

d'existence, des causes de leur recours aux structures,

de leur degré de satisfaction et de leurs liens sociaux.

SOLIDARITÉ et SANTÉ

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PRÉSENTATION DES ENQUÊTES EHPA ET SAPAD

Les réponses des structures et celles des bénéficiaires

peuvent être rapprochées sur certains thèmes, comme

l'animation collective dans les établissements pour personnes

âgées. Ce rapprochement permet de comparer

la vision des structures sur les prestations qu'elles offrent

avec la perception qu'en ont les bénéficiaires.

Enfin, sans toutefois constituer des enquêtes

panélisées à l'instar d'HID, les enquêtes SAPAD et

EHPA témoignent d'un souci de suivre les transitions

et les prises en charge mixtes (accueil de jour dans les

établissements d'hébergement, hébergement temporaire)

des personnes âgées.

L'enquête EHPA fournit des éléments statistiques

agrégés sur les entrées et les sorties dans le volet Gestionnaires

: nombre de personnes arrivées pour la première

fois en 1999 en hébergement permanent, en hébergement

temporaire et en accueil de jour, mode d'hébergement

antérieur de ces personnes ; les sorties : nombre

de personnes ayant quitté définitivement l'établissement

en 1999, pour l'hébergement temporaire et l'hébergement

permanent, et types de destinations (logement

ordinaire, autre institution, etc.).

Dans l'enquête SAPAD Bénéficiaires, le recours aux

aides à domicile est appréhendé sur une période de référence

hebdomadaire pour les aides professionnelles

et par l'interrogation de la personne âgée sur l'ancienneté

du recours au service d'aide concerné. La fréquence

et la nature des autres aides sont recueillies sur une période

plus variable, mais il est demandé par ailleurs à la

personne si elle a toujours eu recours à une aide rémunérée

au cours de sa vie d'adulte (femme de ménage,

aide à domicile, ga