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On estime qu'en moyenne, le nombre de conducteurs alcoolisés
sur les routes de France ne dépasserait guère 2 % de la
totalité des conducteurs en circulation. Ce qui représente
tout de même 20 conducteurs dangereux rencontrés chaque heure,
soit un toutes les trois minutes ! En termes de risque, ce n'est
pas négligeable. La preuve : dans les accidents mortels, on relève
un taux d'alcoolémie excessif chez quelque 30 % des
conducteurs impliqués (et même chez 45 % d'entre eux
lorsque le véhicule accidenté est seul en cause). Le risque
"alcool" est aussi présent dans 10 % des accidents
corporels (mais plus de 20 % s'il s'agit d'un accident à un
seul véhicule). Et dans les contrôles effectués à la suite
d’une infraction, près de 5 % des conducteurs présentent une
alcoolémie trop élevée.
> Télécharger
ce que dit la loi (PDF 174 ko)
> Télécharger
le graphique des équivalences entre alcools (PDF 175 Ko) NB
: A 0,5 g/l, le risque est bien multiplié par 2 et non par 10,
comme nous l'indiquions par erreur dans le numéro spécial sur
la loi (septembre 2003).
- Les effets de
l'alcool sur la conduite
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Même à faibles
doses, l'alcool agit directement sur le cerveau. Des
perturbations interviennent dès 0,3 g/l, mais deviennent plus
sensibles à partir de 0,5 g/l. Voici, par ordre décroissant de
dangerosité, les effets constatés :
- un conducteur, habituellement prudent, se prend à sous-évaluer
les risques et à transgresser les interdits ; parce que
l'alcool le désinhibe, il va rouler plus vite, doubler sans
visibilité, etc.,
- sa vigilance et sa résistance à la fatigue diminuent,
- la coordination des mouvements est perturbée,
- le champ visuel est modifié ; il rétrécit, entraînant une
mauvaise perception latérale (danger aux intersections) ; la
perception du relief et de la profondeur (donc des distances)
est modifiée (danger dans les dépassements),
- le temps de réaction visuelle augmente ; même avec une
alcoolémie légèrement positive, la durée de réaction
augmente de 50 %, ce qui fait la différence en cas de freinage
d'urgence !
- la sensibilité à l'éblouissement s'accroît.
- Le calcul des taux
d'alcoolémie
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À partir de 0,5 g
d'alcool par litre de sang (ou 0,25 mg d'alcool par litre d'air
expiré), on dépasse la limite légale. Comment calculer ce
taux en l’absence d’appareil de mesure ? On admet qu’un
verre de boisson alcoolisée contient environ 10 grammes
d’alcool pur, et cela, quelle que soit la boisson. Mais il
faut savoir que la même quantité d'alcool ingérée par deux
individus ou même par un seul individu à des moments différents
entraînera des taux d'alcoolémie variables. La constitution
corporelle et le sexe du buveur jouent en effet un rôle
important. Ainsi, on estime que pour ne pas dépasser 0,5 g/l,
un homme peut boire un verre de vin par tranche de 28,5 kg et
une femme un verre par tranche de 33 kg. Autrement dit, un homme
de 70 kg peut boire deux verres et demi alors qu'une femme de 50
kg doit s'en tenir à un verre et demi pour rester dans les
limites prescrites. Ces doses, calculées à jeun, peuvent
cependant être augmentées si l'alcool est ingéré au cours
d'un repas. À l’inverse, elles doivent être minorées en cas
de maigreur, de fatigue, de forte chaleur, de prise de médicaments,
etc. Aussi, la Sécurité routière recommande de ne pas dépasser
deux verres d’alcool.
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À jeun, on ressent
l'effet maximum environ une demi-heure après l'absorption, et
une heure s'il est pris au cours d'un repas. C'est le foie qui,
par un processus d'oxydation, permet l'élimination de l'alcool.
Mais ce processus est lent : entre 0,10 g et 0,15 g d'alcool
dans le sang par heure. Pour calculer le moment où l'on peut
reprendre le volant après avoir bu, il faut donc partir du
moment où le taux d'alcoolémie maximum est atteint. Un exemple
concret : au cours d'un dîner, M. et Mme C. boivent chacun,
entre 20 h et 22 h 30, deux apéritifs, trois verres de vin et
un digestif. Mme C., très menue, atteint un seuil d'alcoolémie
de 1,20 g/l vers 23 h 30 et devra attendre 4 h 30 du matin pour
repasser sous la barre des 0,5 g/l, alors que son mari, grand et
fort, ne dépasse pas 0,8 g/l et pourra reprendre le volant à 2
h du matin. Cette élimination lente explique que, chez un
consommateur régulier, il reste souvent un petit résidu
d'alcoolémie. De ce fait, le taux légal peut être dépassé
après seulement un verre ou deux... parce que les doses ingérées
la veille n'ont pas encore été complètement éliminées.
- La guerre aux idées
reçues
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Moi,
je "tiens bien l'alcool"; même après plusieurs
verres, ma lucidité reste totale.
Faux. Lorsqu’on boit de l'alcool régulièrement, on en perçoit
moins les effets, mais cela ne change rien au taux d'alcoolémie...
et pas grand-chose aux effets néfastes sur la conduite
(mauvaise perception du danger, baisse de la vigilance, réflexes
troublés, restriction du champ de vision, etc.).
Quand j'ai trop bu, j'avale un café fort et salé (ou
plusieurs verres d'eau, une aspirine, etc.) et je peux conduire
sans problème...
Faux. Il faut en moyenne 90 min pour que le corps élimine un
verre de boisson alcoolisée. Et quoi qu’on fasse, boire de
l'eau, du café, trois aspirines ou marcher à l'air, cela ne
permet pas d'éliminer plus vite. La seule recette : attendre.
J'ai un peu trop bu, mais je sens que je peux
conduire...
Faux. Justement, le problème majeur lorsque l'on a bu, c'est
qu’on n'est plus à même de juger ce qu’on est apte à
faire ou à ne pas faire. L'alcool crée un sentiment d'euphorie
fort dangereux car il laisse supposer que tout est possible. Y
compris de prendre le volant alors qu'il vaudrait mieux dormir
sur place, par exemple.
Quand je conduis, je ne bois jamais d'alcool fort...
mais du vin ou quelques bières à table, c'est sans danger.
Faux. On ne le répétera jamais assez : un demi de bière,
c'est 25 cl à 5°, un ballon de vin, c'est 12,5 cl à 10 ou 12°
et un whisky ou un pastis, c'est 3 cl d'alcool à 40°. Et à
chaque fois, cela représente à peu près 10 g d'alcool pur. En
revanche, il est vrai qu'absorber de l'alcool pendant un repas
n’a pas le même effet qu’à jeun, mais dans des limites
bien précises.
En fait, ce sont les alcooliques qui provoquent les
accidents, pas ceux qui consomment "normalement".
Faux. Dans 85 % des accidents mortels liés à l'alcool, les
responsables sont des buveurs occasionnels. Des gens
"normaux" qui, sortant d'une fête de famille, d'un
repas d'affaires ou d'un pot entre amis, ont consommé un peu
plus que de coutume et ont repris le volant sans la moindre
conscience du danger.
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