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ALCOOL AU VOLANT UN RISQUE A MESURER - (26/04/2008)
  

L’alcool au volant : un risque à mesurer

 

On ignore encore trop souvent que le risque lié à l’alcool au volant commence bien avant l'ivresse. Cet automne, la Sécurité routière est en campagne pour faire prendre conscience à l'ensemble de la société française que conduite et alcool sont incompatibles. la revue fait le point sur les dangers de l’alcool et les nouvelles sanctions.
 
  • Le risque "alcool"


 On estime qu'en moyenne, le nombre de conducteurs alcoolisés sur les routes de France ne dépasserait guère 2 % de la totalité des conducteurs en circulation. Ce qui représente tout de même 20 conducteurs dangereux rencontrés chaque heure, soit un toutes les trois minutes ! En termes de risque, ce n'est pas négligeable. La preuve : dans les accidents mortels, on relève un taux d'alcoolémie excessif  chez quelque 30 % des conducteurs impliqués  (et même chez 45 % d'entre eux lorsque le véhicule accidenté est seul en cause). Le risque "alcool" est aussi présent dans 10 % des accidents corporels (mais plus de 20 % s'il s'agit d'un accident à un seul véhicule). Et dans les contrôles effectués à la suite d’une infraction, près de 5 % des conducteurs présentent une alcoolémie trop élevée.

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Télécharger ce que dit la loi (PDF 174 ko)
> Télécharger le graphique des équivalences entre alcools (PDF 175 Ko) NB : A 0,5 g/l, le risque est bien multiplié par 2 et non par 10, comme nous l'indiquions par erreur dans le numéro spécial sur la loi (septembre 2003).

 
  • Les effets de l'alcool sur la conduite

Même à faibles doses, l'alcool agit directement sur le cerveau. Des perturbations interviennent dès 0,3 g/l, mais deviennent plus sensibles à partir de 0,5 g/l. Voici, par ordre décroissant de dangerosité, les effets constatés :
- un conducteur, habituellement prudent, se prend à sous-évaluer les risques et à transgresser les interdits ; parce que l'alcool le désinhibe, il va rouler plus vite, doubler sans visibilité, etc.,
- sa vigilance et sa résistance à la fatigue diminuent,
- la coordination des mouvements est perturbée,
- le champ visuel est modifié ; il rétrécit, entraînant une mauvaise perception latérale (danger aux intersections) ; la perception du relief et de la profondeur (donc des distances) est modifiée (danger dans les dépassements),
- le temps de réaction visuelle augmente ; même avec une alcoolémie légèrement positive, la durée de réaction augmente de 50 %, ce qui fait la différence en cas de freinage d'urgence !
- la sensibilité à l'éblouissement s'accroît.

 
  • Le calcul des taux d'alcoolémie

À partir de 0,5 g d'alcool par litre de sang (ou 0,25 mg d'alcool par litre d'air expiré), on dépasse la limite légale. Comment calculer ce taux en l’absence d’appareil de mesure ? On admet qu’un verre de boisson alcoolisée contient environ 10 grammes d’alcool pur, et cela, quelle que soit la boisson. Mais il faut savoir que la même quantité d'alcool ingérée par deux individus ou même par un seul individu à des moments différents entraînera des taux d'alcoolémie variables. La constitution corporelle et le sexe du buveur  jouent en effet un rôle important. Ainsi, on estime que pour ne pas dépasser 0,5 g/l, un homme peut boire un verre de vin par tranche de 28,5 kg et une femme un verre par tranche de 33 kg. Autrement dit, un homme de 70 kg peut boire deux verres et demi alors qu'une femme de 50 kg doit s'en tenir à un verre et demi pour rester dans les limites prescrites. Ces doses, calculées à jeun, peuvent cependant être augmentées si l'alcool est ingéré au cours d'un repas. À l’inverse, elles doivent être minorées en cas de maigreur, de fatigue, de forte chaleur, de prise de médicaments, etc. Aussi, la Sécurité routière recommande de ne pas dépasser deux verres d’alcool.

 
  • L'élimination

À jeun, on ressent l'effet maximum environ une demi-heure après l'absorption, et une heure s'il est pris au cours d'un repas. C'est le foie qui, par un processus d'oxydation, permet l'élimination de l'alcool. Mais ce processus est lent : entre 0,10 g et 0,15 g d'alcool dans le sang par heure. Pour calculer le moment où l'on peut reprendre le volant après avoir bu, il faut donc partir du moment où le taux d'alcoolémie maximum est atteint. Un exemple concret : au cours d'un dîner, M. et Mme C. boivent chacun, entre 20 h et 22 h 30, deux apéritifs, trois verres de vin et un digestif. Mme C., très menue, atteint un seuil d'alcoolémie de 1,20 g/l vers 23 h 30 et devra attendre 4 h 30 du matin pour repasser sous la barre des 0,5 g/l, alors que son mari, grand et fort, ne dépasse pas 0,8 g/l et pourra reprendre le volant à 2 h du matin. Cette élimination lente explique que, chez un consommateur régulier, il reste souvent un petit résidu d'alcoolémie. De ce fait, le taux légal peut être dépassé après seulement un verre ou deux... parce que les doses ingérées la veille n'ont pas encore été complètement éliminées.

 
  • La guerre aux idées reçues

Moi, je "tiens bien l'alcool"; même après plusieurs verres, ma lucidité reste totale.
Faux. Lorsqu’on boit de l'alcool régulièrement, on en perçoit moins les effets, mais cela ne change rien au taux d'alcoolémie... et pas grand-chose aux effets néfastes sur la conduite (mauvaise perception du danger, baisse de la vigilance, réflexes troublés, restriction du champ de vision, etc.).

Quand j'ai trop bu, j'avale un café fort et salé (ou plusieurs verres d'eau, une aspirine, etc.) et je peux conduire sans problème...
Faux. Il faut en moyenne 90 min pour que le corps élimine un verre de boisson alcoolisée. Et quoi qu’on fasse, boire de l'eau, du café, trois aspirines ou marcher à l'air, cela ne permet pas d'éliminer plus vite. La seule recette : attendre.

J'ai un peu trop bu, mais je sens que je peux conduire...
Faux. Justement, le problème majeur lorsque l'on a bu, c'est qu’on n'est plus à même de juger ce qu’on est apte à faire ou à ne pas faire. L'alcool crée un sentiment d'euphorie fort dangereux car il laisse supposer que tout est possible. Y compris de prendre le volant alors qu'il vaudrait mieux dormir sur place, par exemple.

Quand je conduis, je ne bois jamais d'alcool fort... mais du vin ou quelques bières à table, c'est sans danger.
Faux. On ne le répétera jamais assez : un demi de bière, c'est 25 cl à 5°, un ballon de vin, c'est 12,5 cl à 10 ou 12° et un whisky ou un pastis, c'est 3 cl d'alcool à 40°. Et à chaque fois, cela représente à peu près 10 g d'alcool pur. En revanche, il est vrai qu'absorber de l'alcool pendant un repas n’a pas le même effet qu’à jeun, mais dans des limites bien précises.

En fait, ce sont les alcooliques qui provoquent les accidents, pas ceux qui consomment "normalement".
Faux. Dans 85 % des accidents mortels liés à l'alcool, les responsables sont des buveurs occasionnels. Des gens "normaux" qui, sortant d'une fête de famille, d'un repas d'affaires ou d'un pot entre amis, ont consommé un peu plus que de coutume et ont repris le volant sans la moindre conscience du danger.

C’est-à-dire qui ont un taux supérieur à 0,5 g/l de sang.

[29,7 % selon les statistiques de l'ONISR et 32 % selon la base de données "Réagir".

Les femmes ont une densité graisseuse plus importante qui les rend plus vulnérables à l’absorption d’alcool.

Source : http://www.securiteroutiere.equipement.gouv.fr/ 

http://www.sosmalus.fr/ -